Devant les conditions désastreuses dans lesquelles se met en place «l’inclusion » dans notre département, des fédérations de parents d’élèves, des associations de parents d’enfants en situation de handicap, des syndicats d’enseignants et d’AESH, d’infirmières scolaires, d’agents territoriaux, des avocats, des parents, des enseignants, des personnels du médico-social, réunis au sein d’un « Collectif Inclusion 93 », appellent à un rassemblement le mercredi 3 décembre à 14h devant la préfecture de Bobigny.
L’abandon par l’État des enfants en situation de handicap au sein de nos écoles, collèges et lycées a, évidemment pour conséquence une dégradation des conditions d’apprentissage de l’ensemble des élèves et aussi l’aggravation des conditions de travail des personnels. C’est pourquoi nous vous proposons un appel commun à ce rassemblement sur la base des revendications du voeu adopté au CSAA du 13 novembre par nos fédérations, la FNEC FP-FO Créteil, la FSU Créteil, la CGT Education Créteil, l’UNSA Créteil et appuyé par SUD, absent à la séance.
Le voici :
Constatant les conditions désastreuses d’accueil de la plupart des élèves en situation de handicap dans les écoles, collèges et lycées de l’académie, le CSA se prononce pour :
· Le recrutement d’AESH à hauteur des besoins pour que toutes les notifications d’accompagnement prononcées par les MDPH soient respectées
· La création d’un statut de fonctionnaire d’Etat catégorie B pour ces personnels, avec un salaire à temps complet pour 24 heures d’accompagnement des élèves en situation de handicap ;
· La création massive de postes d’enseignant·e·sspécialisé·e·s et départs en formation pour les RASED à hauteur des besoins partout, ULIS, UE, IME… de psychologues scolaires, d’infirmier·e·s, de médecins, d’assistantes sociales.
· Le respect des orientations dans les dispositifs ULIS (TSA, TFC, …), UEEA, UEMA et l’augmentation du nombre de personnels titulaires à hauteur des besoins notifiés par la CDAPH.
· L’abandon de l’acte 2 de l’école inclusive, l’abandon des PIAL et de la politique de mutualisation ; l’abandon des PAS !
En tant qu’infirmières scolaires, nous sommes en première ligne. Nous voyons des enfants qui veulent apprendre, s’intégrer, vivre leur scolarité comme tous les autres. Nous voyons des familles qui se battent, qui s’épuisent parfois, pour que leur enfant bénéficie simplement de ce qui lui est dû.
Et nous constatons aussi les limites du système : trop peu d’infirmières pour trop d’établissements, trop d’élèves à suivre, trop de situations complexes sans les ressources nécessaires pour y répondre.
Notre rôle est pourtant essentiel : repérer les besoins, sécuriser les parcours, coordonner les acteurs, soutenir les équipes éducatives (enseignants, AESH..), accompagner les familles. Nous sommes souvent les seules professionnelles de santé présentes au quotidien dans les écoles. Et malgré cela, notre temps, nos effectifs et nos moyens ne sont pas à la hauteur des enjeux.Le redéploiement des postes en IDF et plus particulièrement dans le 93 ne permet pas aux infirmières d’être disponibles pour accueillir les élèves pour leur prise médicamenteuse, leur offrir un espace de tranquillité, secure, quand ils sont submergés par leurs émotions, en sachant qu’il n’y a pas de « sas de décompression » comme il se devrait.
L’inclusion ne peut pas reposer uniquement sur la bonne volonté des équipes. Elle exige un engagement politique réel, des recrutements, de la formation, des AESH en nombre suffisant, et une reconnaissance claire de la place centrale de l’infirmière scolaire dans la réussite du parcours de chaque enfant en situation de handicap.
Nous n’avons pas besoin de discours de principe : nous avons besoin d’actes.
Nous avons besoin de moyens.
Et surtout, les enfants ont besoin d’une école qui tienne ses promesses.
L’inclusion ne doit plus être un mot qu’on affiche, mais une réalité que l’on construit. Et nous, infirmières scolaires, sommes prêtes à y contribuer — mais pas seules, pas sans soutien, et pas sans les moyens que ces enfants méritent.
Souad Moad , Secrétaire générale adjointe
Referente IDF pour le SNFOIEN (Fédération FNEC-FP-FO)

